About Biosecurity_Cattle

À propos de la biosécurité en production bovine

Qu'est-ce que la biosécurité ?

La biosécurité dans une exploitation bovine comprend toutes les mesures prises pour minimiser le risque d'introduction et de propagation d'agents pathogènes. Elle inclut donc toutes les actions visant à maintenir les animaux et l'exploitation en bonne santé. Grâce à ces mesures de biosécurité et à une gestion efficace, les animaux de l'exploitation sont protégés contre les maladies tant endémiques qu'épidémiques (Barceló et Marco, 1998; Amass et Clark, 1999; Damiaans et al., 2018).

Une distinction est faite entre biosécurité externe et interne.

La biosécurité externe se concentre sur les points de contact de la ferme avec le monde extérieur et vise à empêcher que des agents pathogènes puissent entrer ou sortir de la ferme. Cela s'applique aussi bien aux maladies exotiques (rares dans un pays) qu'aux maladies endémiques (courantes dans un pays mais pas présentes dans toutes les exploitations) (Ribbens et al., 2008). Toutes les mesures prises pour lutter contre la propagation d'agents infectieux dans une exploitation agricole sont assurées par la biosécurité interne (Laanen et al., 2010 ; Anonyme, 2010).

Pourquoi la biosécurité ?

L'objectif principal de la biosécurité est de maintenir la pression d'infection à la ferme aussi basse que possible. De cette façon, le système immunitaire d'un animal donné sera moins stressé ce qui réduira le risque d'apparition d'une maladie et, par conséquent, améliorera la santé et le bien-être des animaux.

En réduisant les risques potentiels d'apparition d'une maladie grâce à la mise en place de mesures de biosécurité, d'autres conséquences favorables peuvent également émerger dans l'exploitation. Par exemple, dans plusieurs études portant sur les porcs, la biosécurité a montré une association positive avec les résultats de production (comme la croissance quotidienne) et la rentabilité de l'exploitation. Parallèlement, l'utilisation d'antibiotiques peut être fortement réduite (Laanen et al., 2011 ; Siekkinen et al., 2012 ; Laanen et al., 2013 ; Postma, 2016a ; Postma et al., 2016b ; Postma et al., 2016c, Postma et al., 2016d). Par ailleurs, la diminution de l'utilisation des antibiotiques dans la production animale réduira la résistance aux antibiotiques, ce qui est bon pour la santé animale et humaine (Angulo F.J., 2004 ; Chantziaras et al., 2014).

Voies de transmission de maladies

En ce qui concerne la transmission de maladies, toutes les voies de transmission n'ont pas la même importance. Il n'est donc pas facile de classer les différentes voies en fonction de leur importance. Cela est principalement dû à la grande variation de la capacité d'infection des agents infectieux et de leurs chances de survie dans l'environnement. Il est donc clair que toutes les mesures de biosécurité ne contribueront pas de la même manière à la prévention de différentes maladies infectieuses (Dewulf et Van Immerseel, 2018).

Le contact direct entre animaux est considéré comme la principale voie de transmission d'agents infectieux. Par conséquent, une plus grande attention sera accordée aux mesures de biosécurité qui évitent le contact direct entre les animaux qu'aux mesures prises pour prévenir la transmission indirecte par le biais, par exemple, de matériel de travail ou de personnes (Amass, 2003a ; Pritchard et al., 2005 ; Amass et Baysinger, 2006). Un facteur supplémentaire mais toujours important est la fréquence à laquelle un agent pathogène peut infecter une population animale par une voie spécifique. Une voie de transmission moins cruciale peut devenir très importante à partir du moment où elle crée une entrée pour des agents pathogènes à la ferme à plusieurs reprises (Fèvre et al., 2006 ; Laanen et al., 2013).

Le risque combiné (probabilité de transmission x fréquence) peut être calculé à l'aide de la formule suivante :

P = 1-(1-p)n

avec p = le risque de transmission de la maladie par événement, n = le nombre d'événements et P = le risque combiné (probabilité).

Exemple

Si vous supposez qu'une certaine voie de transmission n'a qu'une chance sur 1000 (= 0,1 %) de transmettre efficacement la maladie et si vous savez également que cette voie se produit 50 fois par an (par exemple, activité hebdomadaire), la probabilité de transmission de la maladie à la fin de l'année sera de 1 - [(1 - 0,001)50] = 4,88 % (Dewulf, 2017).

Par contre, le risque de transmission d'une maladie par une voie de transmission spécifique ayant une chance sur 50 (= 2%) de transmettre la maladie, mais ne se produisant que deux fois par an, sera de 1 - [(1 - 0,02)²] = 3,96%.

(Laanen et al., 2010)

Par conséquent, vous devez être bien conscient du fait que toute voie de transmission, même les moins importantes, peut constituer un risque d'introduction et de propagation d'une maladie infectieuse. C'est pourquoi la vigilance à tous les niveaux de biosécurité sera toujours très importante pour l'exploitation.

La figure ci-dessous illustre l'importance relative des différentes voies de transmission d'agents pathogènes entre exploitations agricoles (Laanen et al., 2010).

Voies de transmission

Biosécurité externe

Achat et reproduction

Transmission de maladies d'un animal à un autre

L'achat et l'introduction de nouveaux bovins est le facteur de risque le plus cité pour l'introduction d'agents pathogènes dans un troupeau (Valle et al., 1999 ; Boelaert, 2005 ; Cuttance & Cuttance, 2014). Bien que le risque d'introduction d'agents pathogènes dépende de la fréquence d'achat et du type d'animaux achetés (par exemple: jeunes animaux, taureaux reproducteurs, génisses gestantes, vaches laitières), chaque introduction d'un nouveau groupe d'animaux présente un risque d'introduction de maladies dans un troupeau. Par conséquent, il est généralement conseillé d'éviter autant que possible l'achat de bétail. Toutefois certains cas exigent l'achat de nouveaux animaux (par exemple: un taureau reproducteur peut être nécessaire lorsque le taux de conception par insémination artificielle est trop faible, ou encore de jeunes génisses peuvent être exceptionnellement ajoutées au troupeau lorsque trop de veaux mâles sont nés).

Chaque fois que l'achat de bétail est nécessaire, des mesures visant à éviter la transmission de maladies par contact direct et indirect doivent être appliquées. Étant donné que les élevages de veaux ne peuvent pas éviter l'achat, ces mesures doivent être considérées comme d'autant plus importantes.

Lorsque le bétail est transporté à la ferme, il faut éviter tout contact avec des bovins (ou d'autres animaux) dont le statut sanitaire est inconnu (Mee et al., 2012). Idéalement, seul le bétail destiné à votre exploitation devrait être présent dans le véhicule de transport. Lorsque vous utilisez votre propre véhicule de transport, vous connaissez également le statut de nettoyage et de désinfection du véhicule.

Cycle de production

Les élevages de veaux constituent un cas particulier puisqu'ils achètent généralement tous leurs animaux en provenance de nombreuses exploitations différentes. Néanmoins, le nombre d'achats est très important. Par conséquent, les cycles de production ne devraient pas être inférieurs à 6 mois et de préférence supérieurs à 9 mois. Au début d'un cycle de production, chaque enclos doit être rempli sur une période aussi courte que possible afin que la différence d'âge des animaux en contact direct les uns avec les autres soit la plus faible possible, sans jamais dépasser deux semaines.

Troupeaux sources avec un statut sanitaire élevé

Le risque d'introduction de maladies peut être réduit en achetant du bétail provenant d'exploitations dont le statut sanitaire et la gestion sanitaire sont égaux ou supérieurs à ceux de votre propre exploitation (Griffin et al., 2010 ; Sweiger & Nichols, 2010). Lorsque votre exploitation a un statut sanitaire SPF (Specific Pathogen Free) pour une maladie (par exemple, la rhinotrachéite infectieuse bovine ou la diarrhée virale bovine), il est conseillé d'acheter du bétail provenant d'exploitations ayant un statut sanitaire identique ou supérieur. De plus, les éleveurs qui souhaitent obtenir un statut SPF pour certaines maladies sont plus susceptibles d'avoir une bonne gestion sanitaire en général et, par conséquent, moins de cas d'autres maladies. De même, lors de l'achat de sperme, d'embryons ou de colostrum, il convient de prêter attention au statut sanitaire de l'exploitation/institution d'origine.

Limitez le nombre de troupeaux sources

Limiter le nombre d'exploitations dont le bétail est originaire peut réduire le risque d'introduction de maladies (Edwards, 2010 ; Mee et al., 2012). Le bétail devrait toujours être acheté dans l'exploitation d'origine initiale. Cela peut poser un problème pour les élevages de veaux car les animaux proviennent de nombreuses exploitations différentes. Dans ce cas, les veaux pourraient être divisés en plus petits groupes en fonction d'un ou plusieurs statuts de maladie spécifiques (Pardon, 2012).

Contrôle d'accès

Même lorsque le bétail est acheté dans des fermes dont le statut sanitaire et la gestion sanitaire sont égaux ou supérieurs à ceux de votre propre ferme, il convient de vérifier le statut sanitaire individuel du bétail acheté en testant les animaux, de préférence dans la ferme d'origine (Gorden & Plummer, 2010). De cette façon, vous évitez que des animaux malades n'entrent dans votre exploitation et à chaque fois qu'un résultat de test serait positif, l'achat est annulé. Il faut savoir que les animaux peuvent être porteurs d'autres agents pathogènes (par exemple: la maladie de Mortellaro, la gale à Psoroptes ovis, la mammite à Staphylococcus aureus, la fièvre Q) que ceux qui ont fait l'objet de  tests. Il est conseillé de tester un échantillon de lait des vaches en lactation et de vérifier l'immunité maternelle des veaux de moins de 4 mois.

Respectez une bonne quarantaine

Une fois que le bétail acheté arrive à la ferme, il doit être mis en quarantaine, c'est-à-dire que les animaux sont placés en isolement sans contact avec le  troupeau présent pendant une période suffisamment longue d'au moins 21 jours (Maunsell & Donovan, 2009 ; Gorden & Plummer, 2010 ; Raaperi et al., 2014). Il convient de souligner que la mise en quarantaine des bovins achetés ne peut pas être remplacée par un simple test de dépistage de ces animaux car ils peuvent être porteurs d'autres agents pathogènes que ceux testés (voir ci-dessus). La quarantaine permet aux animaux nouvellement introduits de s'adapter à l'exploitation (par exemple: alimentation, climat) et évite que les bovins achetés ne transmettent des maladies au troupeau. La durée de la période d'isolement recommandée varie en fonction de la maladie mais pour les maladies dont la période d'incubation est courte, il est préférable de prévoir une période de trois à quatre semaines (Wells et al., 2002 ; Barrington et al., 2002 ; Callan & Garry, 2002 ; Villarroel et al., 2007 ; Maunsell & Donovan, 2008). Une zone de quarantaine appropriée est un espace qui empêche la transmission de maladies par contact direct mais aussi par contact indirect (par exemple: les aérosols). Par conséquent, une zone de quarantaine est de préférence un bâtiment séparé où aucun autre animal n'est présent (Edwards, 2010). Un pâturage ou un ancien local peut également servir de zone de quarantaine. De plus, il faut aussi en tenir compte :

 -Une période de quarantaine de trois à quatre semaines est insuffisante pour les maladies ayant une longue période par exemple la paratuberculose;

 -Lors d'achat de vaches en lactation, celles-ci sont de préférence traites dans la zone de quarantaine pour éviter que des agents pathogènes étrangers ne pénètrent dans la salle de traite;

-Lors d'achat d'animaux gestants, le vêlage a lieu de préférence dans la zone de quarantaine et le nouveau-né est testé immédiatement après la naissance (avant l'absorption de colostrum) et doit être mis en quarantaine jusqu'à ce que les résultats des tests soient disponibles;

-Le principe "all-in/all-out" devrait être appliqué pour les animaux en quarantaine. L'étable de quarantaine devrait être complètement vide après le départ des animaux laissant de la place pour nettoyer et désinfecter l'étable.

La transmission indirecte de maladies par le bétail en quarantaine est possible par l'intermédiaire des personnes qui pénètrent dans la zone de quarantaine, du matériel utilisé et des aliments et de l'eau fournis au bétail. Des vêtements et des bottes spécifiques (et/ou un bain de pieds de désinfection) doivent être disponibles à l'entrée de la zone de quarantaine et ne peuvent être utilisés qu'à cette fin. Toute personne qui pénètre dans la zone de quarantaine doit utiliser ces dispositifs. Il est préférable de se laver les mains à l'entrée et à la sortie de la zone de quarantaine (Edwards, 2010). De plus, il est conseillé aux agriculteurs de n'entrer dans la zone de quarantaine qu'à la fin de leur travail. Un matériel spécifique (par exemple: des outils d'alimentation) doit être disponible dans la zone de quarantaine et ne peut pas être utilisé pour le troupeau résident. Les aliments qui sont présents dans la zone de quarantaine ne doivent pas être utilisés pour nourrir le troupeau résident (Edwards, 2010 ; Gorden & Plummer, 2010).

Il arrive que le bétail quitte l'exploitation momentanément, par exemple un taureau reproducteur partagé avec d'autres exploitations ou lors de ventes aux enchères, de concours ou de marchés. Ces animaux doivent également être mis en quarantaine lorsqu'ils reviennent à la ferme selon les mêmes principes que ceux mentionnés ci-dessus (Gorden & Plummer, 2010).

Transmission de maladies par matériel génétique

La transmission vénérienne est un risque pour toutes les activités de reproduction: l'insémination naturelle par un ou plusieurs taureaux reproducteurs mais également l'insémination artificielle. Afin de maîtriser au mieux ces risques, la semence des taureaux utilisés pour la reproduction doit être testée pour les maladies vénériennes avant la mise à la reproduction. Si le sperme est importé, il doit l'être à partir d'un établissement dont le statut sanitaire est égal ou supérieur à celui de la propre exploitation.

Transport et enlèvement des carcasses

Transport et transmission de maladies

Bien que les mouvements d'animaux soient généralement considérés comme la principale cause de propagation de maladies, les visiteurs (professionnels) et les véhicules entrant dans l'exploitation doivent également être pris en compte lors de la mise en place d'une stratégie de biosécurité pour l'exploitation (Alvarez et al., 2011). Le risque de transmission de maladies dépend entre autres du type de véhicule (par exemple: les camions de l'entreprise d'équarrissage sont considérés comme présentant un risque de biosécurité plus élevé que les camions de l'entreprise d'alimentation). (Ribbens et al., 2009). Par conséquent, le stockage des carcasses doit être situé à proximité de la voie publique pour éviter que le camion de l'entreprise d'équarrissage n'entre dans les locaux. Bien que les camions de collecte de nourriture et de lait entrent rarement en contact avec les animaux d'une ferme (Nöremark et al., 2013), ces véhicules doivent être considérés comme un risque pour la biosécurité car ils visitent plusieurs troupeaux le même jour (Ribbens et al., 2009). Par conséquent, tous les véhicules entrant dans l'exploitation doivent passer par un bain de désinfection.

Les étables sont conçues de manière à ce que les tracteurs puissent facilement entrer dans les locaux pour nourrir les animaux et nettoyer les enclos. Toutefois, cela signifie que les véhicules des visiteurs professionnels peuvent également entrer dans les étables. Ce faisant, ces véhicules s'approchent des animaux et les visiteurs sont moins susceptibles de prendre le chemin qui passe par la zone de transition sanitaire. Par conséquent, il est recommandé de ne pas laisser les véhicules entrer dans les étables et de prévoir un espace de stationnement à proximité de la zone de transition sanitaire. Les aliments doivent être livrés et le lait de tank collecté sans que le conducteur ait besoin d'entrer dans les étables.

Lorsque le bétail quitte la ferme, le camion de transport des animaux est de préférence vidé, nettoyé et désinfecté avant son arrivée à la ferme (Crookshank et al., 1979). Cependant, il arrive souvent que des bovins en provenance d'autres fermes soient déjà présents dans le camion. Il est donc recommandé aux agriculteurs de ne pas entrer dans le camion lors du chargement des animaux afin d'éviter tout contact avec le bétail d'autres fermes. De plus, le camionneur ne doit pas être autorisé à entrer dans les étables pour éviter tout contact avec les animaux de la ferme. En outre, le bétail qui quitte la ferme peut être déplacé dans un bâtiment ou une aire de chargement séparé(e). Par exemple, les veaux laitiers mâles qui sont vendus à un jeune âge peuvent être logés dans un endroit différent de celui des veaux femelles qui restent à la ferme.

Lorsque du matériel est partagé avec d'autres exploitations tel qu'un véhicule de transport ou un épandeur de fumier, le matériel doit être nettoyé et désinfecté avant de retourner dans l'exploitation (Brennan et al., 2008).

Cadavres et transmission de maladies

Pour chaque animal mort, la cause de la mort peut être infectieuse et les animaux morts doivent donc être retirés de l'exploitation le plus rapidement possible pour éviter la transmission de maladies par contact direct et indirect.

Jusqu'à ce que les carcasses soient collectées par l'entreprise d'équarrissage, elles doivent être stockées dans un espace de stockage séparé avec au moins un sol cimenté (Smart et al., 1982). Il est préférable que cet espace de stockage soit situé près de la voie publique pour éviter que les camions de l'entreprise d'équarrissage n'entrent dans l'exploitation.

Lors de la manipulation des carcasses, il est recommandé d'utiliser des gants jetables et/ou de nettoyer et désinfecter ses mains ainsi que tout le matériel utilisé pour la manipulation. De plus, il est conseillé de nettoyer et de désinfecter le lieu de stockage des carcasses après chaque utilisation. Pour éviter la transmission de maladies par les rongeurs, les chats et les chiens, le lieu de stockage doit être fermé. Idéalement, les eaux usées doivent être collectées dans un puits.

Alimentation et eau

Alimentation et transmission de maladies

La contamination des aliments pour animaux par des agents pathogènes et/ou des (myco)toxines peut se produire à tous les stades de la production et du stockage des aliments. Les cultures peuvent être contaminées par du fumier lors de la fertilisation de celles-ci ou des pâturages voisins. Il convient donc de faire attention lorsque du fumier provenant d'autres exploitations est utilisé à proximité de ses cultures ou pâturages. De plus, les excrétions et sécrétions des animaux porteurs peuvent contaminer les aliments pour animaux (Maciorowski et al., 2007). Tous les outils d'alimentation doivent être nettoyés après chaque utilisation afin d'éliminer les restes qui pourraient constituer une source de contamination. Pour éviter le développement d'agents pathogènes et/ou la production de myco(toxines), il convient de respecter les bonnes procédures de manipulation et de stockage des aliments, par exemple en ajoutant des produits de préservation du pH de l'ensilage.

L'eau et transmission de maladies

La contamination de l'eau peut se produire à la source, dans un réservoir ou dans les tuyaux et aux sorties. Il est donc recommandé de tester de préférence deux fois par an la qualité de l'eau par des analyses bactériologiques et chimiques à chacun de ces endroits. En outre, les abreuvoirs doivent être vérifiés et nettoyés régulièrement afin d'éviter toute contamination par des fèces, de l'urine et des aliments. Pour cette raison, les abreuvoirs sont de préférence placés un peu plus haut et éloignés des mangeoires (Wright, 2007).

Pour éviter la contamination des aliments et de l'eau par des rongeurs, des oiseaux, des chiens ou des chats, l'accès aux installations de stockage des aliments et aux réservoirs d'eau doit être limité autant que possible.

Visiteurs et employés

Transmission de maladies entre l'homme et les animaux

Les exploitations bovines sont très souvent visitées par des professionnels (Nöremark et al., 2013 ; Sarrazin et al., 2014). Les visiteurs professionnels entrent dans les exploitations pour des raisons professionnelles et peuvent ainsi entrer en contact étroit avec le bétail. Outre les vétérinaires, les autres visiteurs professionnels sont par exemple le technicien d'insémination artificielle (IA), le vendeur de bétail, le fournisseur d'aliments, le collecteur de lait, l'entreprise d'équarrissage, le coupeur de sabots et éventuellement d'autres gardiens (personnel).

Très souvent, les visiteurs (professionnels) peuvent entrer librement dans la ferme et les étables où sont logés les bovins (Sarrazin et al., 2014). Néanmoins, il est recommandé que chaque visiteur ne puisse entrer dans la ferme qu'après avoir averti l'éleveur, et que les entrées dans les étables ne se fassent qu'en présence de l'éleveur. Clôturer la ferme, fermer l'entrée avec une barrière, rendre le numéro de téléphone de l'agriculteur visible et mettre en place des panneaux d'interdiction d'accès (pictogrammes) sont des conseils pratiques qui sensibilisent les visiteurs au fait qu'ils ne doivent pas entrer librement dans la ferme et les étables.

Mesures d'hygiène

D'autres mesures de biosécurité adéquates pour les visiteurs professionnels sont l'utilisation de vêtements et de bottes de protection spécifiques au troupeau, des bains de pieds désinfectants bien entretenus et le lavage des mains / le port de gants avant d'entrer dans une étable (Villarroel et al., 2007 ; Nöremark et al., 2013). Ces mesures de biosécurité de base devraient être accessibles à tous les visiteurs. Il a en effet été constaté que bien que ces mesures soient présentes dans la majorité des élevages, elles sont rarement utilisées (Sarrazin et al., 2014). De plus, il faut souligner que non seulement les vétérinaires, mais également chaque visiteur (professionnel), peuvent représenter une source de transmission indirecte. Dans une étude récente, il a été constaté que les mesures de biosécurité à l'entrée de la ferme n'étaient pas appliquées par tous les visiteurs dans la même mesure : les vétérinaires utilisaient plus souvent des vêtements et des bottes de protection que les techniciens en IA, suivis par les vendeurs de bétail (Sarrazin et al., 2014). Une zone de transition sanitaire où les visiteurs peuvent changer de vêtements et se laver les mains doit être accessible avec un minimum de contraintes de sorte qu'il faille d'abord accéder à la zone de transition sanitaire avant d'avoir accès aux étables.

Toute le trafic entrant et sortant des étables constitue un risque de propagation de maladies par contact indirect, y compris l'entrée des employés. Il est donc déconseillé aux employés de se rendre dans d'autres exploitations et les mêmes mesures que celles décrites ci-dessus doivent être appliquées par tous les membres du personnel de l'exploitation entrant dans les étables.

Lutte contre les nuisibles et autres animaux

Transmission de maladies d'un animal à un autre

Très souvent, un contact direct est possible entre les animaux de la ferme et le bétail d'autres exploitations par le biais d'un pâturage adjacent ou d'un passage commun ce qui constitue un risque élevé de transmission de maladies. De plus, la transmission de maladies entre bovins de différentes fermes est possible lorsqu'ils ont accès à la même eau de surface dans les pâturages. La règle générale devrait donc être d'éviter tout contact dans les mêmes pâturages ou dans des pâturages adjacents. Lorsque cela n'est pas possible, les pâturages à double clôture peuvent réduire le risque de transmission de maladies (Valle et al., 1999 ; Nafstad & Gronstol, 2001 ; Raaperi et al., 2014). Ces risques existent également en cas de contact avec d'autres espèces (moutons, chèvres, porcs, volailles,...) ou d'autres troupeaux de bovins de la même exploitation (par exemple, contact possible entre des bovins viandeux et des veaux dans la même exploitation). Toutefois, pour une maladie qui n'est pas transmise par l'air comme la diarrhée virale bovine, une distance d'au moins 3 mètres est recommandée (Laureyns et al., 2010). Une autre recommandation est de faire pâturer les groupes à haut risque (c'est-à-dire qu'une contamination de ces animaux peut avoir d'énormes conséquences, par exemple l'avortement des animaux en gestation) sur des terres sans pâturages adjacents. Indirectement, les cultures peuvent être contaminées par le fumier pendant la fertilisation des cultures ou des pâturages voisins. Il convient donc de faire attention lorsque du fumier provenant d'autres exploitations est utilisé à proximité de ses propres cultures ou pâturages. En outre, les excrétions et sécrétions d'animaux porteurs peuvent contaminer les aliments pour animaux (Maciorowski et al., 2007).

Lutte contre les nuisibles et autres animaux

La présence de rongeurs, d'insectes, d'oiseaux sauvages et de chats errants est difficile à éviter dans les élevages de bétail. Les chats et les chiens domestiques sont également très souvent présents. Pour éviter la transmission de maladies par ces animaux (néosporose, leptospirose, par exemple), il convient de limiter autant que possible leur accès aux étables, aux installations de stockage du fumier et des aliments en fermant ou en protégeant les portes, fenêtres et portails et en plaçant des pièges (Synge et al., 2003 ; Fossler et al., 2005 ; Nielsen et al., 2007). De plus, les chats ne sont pas considérés comme un moyen de lutte efficace contre les rongeurs. Les pièges et/ou le poison sont recommandés pour lutter contre les nuisibles.

Biosécurité interne

Gestion sanitaire

Les animaux malades

Un enclos hospitalier est un espace où sont logés les animaux malades afin d'éviter la transmission de maladies aux autres animaux du troupeau par contact direct et indirect (par exemple, les aérosols !) (Gorden & Plummer, 2010 ; Maunsell et al., 2011). Un enclos hospitalier ne devrait jamais être utilisé comme enclos de maternité et vice versa (Fossler et al., 2005). Après chaque utilisation, l'enclos hospitalier doit être vide afin d'être nettoyé et désinfecté rigoureusement (Edwards, 2010).

Lorsque des bovins en lactation sont malades, il est conseillé de les traire dans l'enclos hospitalier ou, lorsque cela n'est pas possible, en fin de traite afin d'éviter tout contact avec les animaux en bonne santé (Hage et al., 2003 ; Fossler et al., 2005). Dans le cas de cette dernière option, une attention particulière doit être accordée au nettoyage et à la désinfection du matériel de traite qui est également utilisé pour les animaux sains.

Les animaux infectés de manière chronique (par exemple: la paratuberculose, les animaux infectés de manière persistante par le virus de la diarrhée virale bovine, la mammite subclinique chronique, ...) sont une source continue d'infection et produisent des résultats sous-optimaux. Ils doivent donc être retirés de l'exploitation. Ces animaux sont souvent gardés dans le troupeau ou en isolement jusqu'au moment de l'abattage, mais cette pratique doit être découragée en raison du risque élevé de transmission de maladies par contact direct et indirect.

Matériel et mesures entre locaux

De même que pour l'entrée dans la zone de quarantaine en fin de journée de travail, les animaux malades doivent être soignés après les animaux sains (Maunsell et al., 2011). Les mêmes mesures de biosécurité visant à éviter la transmission indirecte de maladies dans la zone de quarantaine s'appliquent à l'enclos hospitalier: l'utilisation de vêtements spécifiques, le lavage des mains avant et après tout contact avec des animaux malades et l'utilisation de matériel spécifique uniquement dans l'enclos hospitalier sont fortement recommandés.

Si plusieurs animaux d'un même groupe sont malades, il peut être préférable d'isoler l'unité entière et de prendre des mesures telles que la mise à disposition de bottes et de vêtements spécifiques à l'unité plutôt que de déplacer plusieurs animaux séparément vers l'enclos hospitalier.

Registre sur la santé des animaux

Un registre contenant les données sur la santé des animaux est fortement conseillé. Il permet d'avoir une vue d'ensemble sur la santé et les traitements des animaux individuellement et des groupes (Edwards, 2010 ; Pardon et al., 2012). Un registre de ce type peut contenir les informations suivantes :

-Quels sont les animaux actuellement sous traitement et quel traitement reçoivent-ils ?

-Quels animaux sont régulièrement malades ?

-Quels sont les protocoles de vaccination pour les différentes maladies et quels (groupes d') animaux doivent être vaccinés ?

-Pour les bovins qui vont au pâturage : quand faut-il les faire tourner (toutes les 2 à 6 semaines) ou les traiter contre les endoparasites et les ectoparasites ?

-Quand les vaches doivent-elles passer par un bain de pieds désinfectant ?

-Comment est la santé du pis des vaches en lactation?

Gestion des vêlages

La période entourant le vêlage est connue pour être une période très critique pour la mère qui subit une baisse temporaire de son immunité ainsi que pour le veau nouveau-né qui naît sans immunité acquise. Par conséquent, il convient d'accorder une grande attention à la gestion des vêlages afin d'éviter la transmission de maladies par contact direct et indirect (Klein-Jöbstl et al., 2014).

Enclos de maternité

Un enclos de maternité est un espace où la mère est logée peu avant et après le vêlage et qui n'est jamais utilisé pour héberger des animaux malades. Dans la maternité, il ne doit y avoir aucun contact avec d'autres bovins bien qu'un contact visible puisse être recommandé pour éviter le stress (Svensson et al., 2003). Avant et après chaque vêlage, l'enclos de maternité doit être nettoyé et désinfecté (Gorden & Plummer, 2010). Par conséquent, l'enclos de maternité doit être vide après chaque vêlage. L'utilisation de vêtements et de bottes spécifiques, le lavage des mains avant et après le contact avec les animaux et l'utilisation de matériel spécifique et unique à la maternité doivent être appliqués de la même manière que pour la zone de quarantaine et le local pour animaux malades.

Lorsque des veaux ne peuvent pas naître par vêlage naturel, une césarienne doit être pratiquée par le vétérinaire. Pour ce type de vêlage, des mesures de biosécurité similaires s'appliquent : un espace séparé, propre et désinfecté sans contact avec d'autres bovins et l'utilisation de vêtements spécifiques au troupeau par le vétérinaire.

Hygiène pendant le vêlage

Il est recommandé que l'éleveur soit toujours présent au moment des vêlages. Les mains, ainsi que tout le matériel obstétrique, doivent être nettoyés et désinfectés avant et après chaque vêlage. Avant un vêlage naturel, la mère est préparée en nettoyant et en désinfectant le pis et la vulve (Meganck et al., 2015). Après le vêlage, les membranes et les tissus fœtaux sont retirés de la zone de vêlage et il faut veiller à ce que les chiens, en particulier, ne mangent pas ces membranes et ces tissus (Anderson et al., 2000 ; Wouda, 2000).

Immédiatement après la naissance, le cordon ombilical du veau est trempé dans un récipient propre contenant un désinfectant neuf. Un spray désinfectant peut également être utilisé, mais il faut s'assurer à ce que tout le cordon omibilcal soit vaporisé et manipulé uniquement avec des mains propres et désinfectées (Mee, 2008 ; Gorden & Plummer, 2010). À l'exception des veaux de lait, les veaux nouveau-nés doivent être retirés de la mère dans l'heure qui suit leur naissance (Maunsell et al., 2011 ; Gorden & Plummer, 2010).

Un animal qui a avorté doit être considérée comme un animal malade et donc logé dans la zone réservée aux animaux malades jusqu'à ce que la raison de l'avortement ait été déterminée.

Gestion des veaux

Colostrum

Comme les veaux naissent sans immunité acquise, l'ingestion d'une quantité suffisante d'anticorps maternels par le colostrum dans les premières heures de vie est cruciale (Harp & Goff, 1998 ; Mohammed, 1999). L'administration de colostrum doit répondre aux exigences suivantes :

-Une quantité suffisante de colostrum doit être administrée, c'est-à-dire 200 grammes d'anticorps IgG (Klein-Jöbstl et al., 2014). La concentration d'anticorps IgG dans le colostrum peut être vérifiée de plusieurs façons et dépend entre autres de l'âge et du type de bétail. Étant donné la quantité de lait que produisent les vaches laitières, la concentration d'anticorps maternels est plus faible. Il faut donc donner plus de colostrum par rapport aux bovins viandeux.

-La meilleure qualité de colostrum est obtenue à la première traite. Le colostrum de la mère est préféré à celui des autres vaches et le colostrum frais est préféré au colostrum congelé. Le colostrum congelé ne doit jamais être décongelé dans un four à micro-ondes, mais plutôt dans de l'eau chaude à 40-45°C car les anticorps sont détruits au-dessus de 50°C. Il est déconseillé d'utiliser du colostrum provenant d'autres exploitations étant donné que les anticorps maternels présents dans le colostrum de la mère ou d'autres vaches du troupeau reflètent mieux l'immunité du troupeau que le colostrum provenant d'autres exploitations. En outre, il existe un risque de transmission d'agents pathogènes par le colostrum (par exemple, la paratuberculose).

-L'absorption des anticorps par l'intestin diminue rapidement chez les veaux. Par conséquent, la quantité requise de colostrum doit être administrée dans les 6 heures suivant la naissance (Gulliksen et al., 2009).

-En raison du faible volume de la caillette, le colostrum doit être administré fréquemment pour éviter qu'il ne s'écoule dans le rumen non développé. Par conséquent, tout le colostrum ne peut pas être administré en une fois mais doit être réparti sur plusieurs repas (Gorden & Plummer, 2010). Entre les repas, le colostrum ne doit pas être laissé dans l'étable mais refroidi au réfrigérateur.

-Le matériel utilisé, tels que les bouteilles et les tubes pour l'administration du colostrum, doivent être nettoyés et désinfectés après chaque utilisation.

Loger les veaux

Pendant leurs premières semaines de vie, les veaux sont de préférence logés dans des box individuels ou niches sans contact physique, mais avec un contact visible, avec les autres veaux (Klein-Jöbstl et al., 2014). Les niches doivent être à l'abri des courants d'air et placées sur une surface pavée/cimentée et facile à nettoyer (Lundborg et al., 2005). Il faut veiller à ce que l'urine et les fèces ne puissent pas se répandre d'une niche à l'autre.

Lorsque les veaux quittent leur logement individuel, il est conseillé de les regrouper dans des enclos de 7 à 10 veaux du même âge. Les logements collectifs et les niches individuelles doivent être bien nettoyés, désinfectés et séchés avant l'entrée de nouveaux animaux. Dans les logements collectifs, les différents groupes ne doivent pas pouvoir avoir de contact avec les autres groupes.

Nourrissant les veaux

Les veaux doivent recevoir le lait dans un seau qui leur est propre. Pour ce faire, il suffit de numéroter les box/niches et les seaux. Après chaque repas, les seaux sont nettoyés et placés à l'envers jusqu'à la prochaine utilisation pour éviter que la poussière, l'eau, les mouches,... ne s'y introduisent (Lassen et al., 2009 ; Meganck et al., 2015). Il est fortement déconseillé de nourrir les veaux avec du lait provenant de vaches soumises à un traitement antimicrobien (Virtala et al., 1999).

Gestion du secteur laitier

Contrôle de l'equipement

Une gestion optimale de la traite commence par un équipement de traite qui fonctionne bien. Un entretien et un contrôle annuels de l'équipement de traite doivent être effectués par un contrôle statique (sans traite de vaches) et dynamique (pendant la traite des vaches). Un contrôle dynamique évalue le processus de traite par la machine et par l'éleveur. Il s'agit donc du seul moyen d'obtenir un aperçu complet du bon fonctionnement du processus de traite. La fréquence de remplacement des gobelets trayeurs dépend du modèle : les gobelets trayeurs en caoutchouc et en silicone doivent être remplacés après respectivement 2 500 et 10 000 traites.

Technique de la traite

Une technique de traite optimale est un autre facteur crucial dans la gestion de la traite. Les recommandations suivantes s'appliquent plus spécifiquement à la traite manuelle mais également, en soi, à la traite robotisée:

-L'agriculteur doit se laver, nettoyer et désinfecter les mains avant de traire et/ou utiliser des gants

-Les trayons doivent être nettoyés avec un chiffon propre avant la traite. Lorsque les trayons sont également désinfectés avant la traite, ils doivent être séchés après la désinfection. Les trayons doivent être désinfectés après avoir retiré les gobelets trayeurs

-Le lait doit être examiné visuellement

-Le matériel de traite et la salle de traite doivent être nettoyés après la traite

-Le matériel de traite doit être désinfecté entre les vaches, de préférence avec de la vapeur ou de l'eau à plus de 75°C.

Gestion de la traite

Les vaches doivent être traites dans des conditions optimales en optimisant le confort et l'hygiène :

-Les flancs, les pis et les queues doivent être tondus/coupés

-Pour éviter le stress, l'ordre hiérarchique entre les vaches doit être respecté tout en gardant à l'esprit que les vaches malades en lactation (par exemple, les mammites) sont de préférence traites en dernier

-Après la traite, les trayons restent ouverts pendant environ 30 à 60 min. Il est donc conseillé de maintenir les vaches debout après la traite pendant au moins 30 min. Cela peut être facilité par la distribution d'aliments frais.

-Lorsque les vaches sont logées dans des étables à caillebotis, des tapis en caoutchouc ou une surface équivalente doivent être présents dans les aires de repos pour éviter que les vaches ne se couchent sur les caillebotis

-Les vaches souffrant de mammite subclinique chronique devraient être retirées du troupeau et un examen bactériologique de tous les pis de vaches devrait être effectué au moins une fois par an.

Gestion des adultes

Même si le bétail adulte est moins sensible aux maladies que les veaux, la pression d'infection doit être maintenue aussi basse que possible. Par conséquent, les étables de bovins adultes doivent être entièrement vides, nettoyées et désinfectées au moins deux fois par an. Avant que les animaux n'entrent dans l'étable, celle-ci doit être sèche.

Afin de limiter la propagation d'agents pathogènes transmis par les onglons, les vaches adultes doivent passer régulièrement, dépendant de la pression d'infection présente dans l'exploitation, par un bain de désinfection des onglons.

Groupes d'animaux 

Au fur et à mesure que les animaux vieillissent, l'âge n'est plus le facteur le plus important pour regrouper les animaux. Cependant, les vaches laitières en particulier doivent toujours être divisées en groupes en fonction de leur cycle de production. Au minimum, les vaches taries doivent être séparées des vaches laitières. Les génisses peuvent être gardées séparément afin d'évaluer leur état de santé. Idéalement, les vaches en première lactation devraient également être regroupées et un groupe de haute, (moyenne,) et basse lactation peut être constitué.

Organisation du travail et du matériel

Transmission de maladies d'un animal à un autre

Les veaux et les jeunes animaux sont logés de préférence dans une étable différente ou du moins séparée (c'est-à-dire pas de contact physique et une distance d'au moins 3 mètres entre les boxes) de celle des bovins adultes afin d'éviter la transmission de maladies par contact direct et indirect, y compris les aérosols et transmission par voie aérienne (Maunsell et al., 2011). Pour éviter davantage les contacts indirects, les mêmes mesures que pour la quarantaine et l'enclos des animaux malades (par exemple, bottes et vêtements spécifiques à la ferme, lavage des mains) peuvent être appliquées. Les aiguilles d'injection doivent être spécifiques à chaque groupe d'âge et être régulièrement remplacées.

Groupe d'âge

Lorsque les veaux quittent leur logement individuel, il est conseillé de les regrouper dans des enclos collectifs de même âge. Dans un premier temps, cela signifie qu'une variation d'âge de 1 semaine est autorisée. Pour des veaux plus âgés, une variation d'âge d'environ 8 semaines peut être autorisée (Gulliksen et al., 2009). Les veaux qui ne grandissent pas bien ne doivent pas être remis dans un groupe d'âge plus jeune mais être examinés pour détecter la présence de maladies et être isolés pour éviter qu'ils ne servent de source continue d'infection.

Chez les veaux, la transmission par aérosol est très importante. C'est pourquoi la position des différents groupes d'âge dans l'étable est importante. Lorsqu'il existe une direction spécifique du flux d'air dans l'étable, et si l'étable accueille des groupes d'âge différents, il faut veiller à ce que l'air circule des jeunes veaux vers les animaux plus âgés. Si nécessaire, le climat (température, humidité, ...) doit être contrôlé dans les étables (Daugschies et al., 2005 ; Gorden & Plummer, 2010).

Pour éviter tout stress et lésions, il peut être décidé de regrouper les bovins viandeux par sexe (Sanderson et al., 2008)

Lignes de travail 

Il a déjà été mentionné que les animaux malades et les animaux en quarantaine doivent être soignés à la fin de la journée. Il est en outre recommandé de travailler du plus jeune au plus âgé lors du planning de travail quotidien, c'est-à-dire en lignes de travail spécifiques à la ferme (Maunsell & Donovan, 2009 ; Gorden & Plummer, 2010 ; Maunsell, 2011). Les agriculteurs font souvent remarquer que ce régime du jeune au vieux est difficile à appliquer car les vaches en lactation doivent d'abord être traites pour donner ce lait aux veaux. Ce problème peut être résolu en nourrissant les veaux avec du lait de tank ou en faisant traire les vaches et nourrir les veaux par différentes personnes.

Le sas d'hygiène

Idéalement, une zone de transition sanitaire (changement de vêtements, lavage des mains) est présente pour chaque groupe d'âge des animaux et est correctement utilisée. L'application de ces mesures de biosécurité ainsi que l'utilisation de matériels spécifiques à l'âge peuvent être encouragées en prévoyant des barrières physiques entre les différents groupes d'âge. Il peut s'agir d'une étable différente, mais également d'un banc ou d'une porte qu'il faut franchir pour passer à la tranche d'âge suivante.

Matériel et transmission de maladies

Pour chaque groupe d'âge, il est conseillé d'utiliser un matériel spécifique à l'âge et les outils de nourrissage ne doivent être utilisés que pour la nourriture, c'est-à-dire qu'il ne faut pas les utiliser également pour enlever le fumier. La distinction entre le matériel spécifique à l'âge ou les outils spécifiques au nourrisage peut facilement être faite par l'étiquetage du matériel. Il est préférable que les outils d'alimentation soient nettoyés et désinfectés après chaque utilisation.

Il faut éviter de partager des outils qui sont entrés en contact avec des animaux d'autres fermes (mélangeur d'aliment, machine pour parer les sabots,...). Si cela ne peut être évité, ces outils doivent être nettoyés et désinfectés avant d'entrer dans la ferme.